Louis est né le 3 Février 1892, seul garçon dans une famille de 9 enfants.

En 1912, c'est au 15e Bataillon de chasseurs à pied en garnison à Remiremont, que Louis commence son service militaire pour une durée de 2 ans, transformée en 3 ans.

Il restera sous les drapeaux jusqu'à son décès.

Dans la mission qui lui était confiée, il a su conserver l'intégrité de notre frontière, mais de plus, il a fait partie du premier bataillon à porter son fanion sur la terre d'Alsace.

Il connaîtra son premier baptême du feu en tenant la lisière Nord de Bussang et le port du Sautey avec une section de mitrailleuses.

Après avoir traversé Urbès, Wesserling, St Amarin et repoussé l'ennemi devant Moosch, son régiment comptera 2 tués et 14 blessés.

Le 24 Aout 1914, Louis, dans une correspondance, fait état d'une grande déprime, il n'est pas blessé, mais il sent que la mort peut arriver. Il se prépare à ce passage... Il est prêt à mourir sans avoir revu sa famille... Il sent les larmes monter...

Nommé caporal le 29 septembre 1914, Louis apprend qu'Emile Daval, Jules Vincent et Jules Jacquot ont été blessés...

Il rencontrera par la suite Emile Deschseaux (Houssière ?) Alphonse Aubel et Louis Mauffrey.

Le 7 décembre 1914 c'est avec l'Abbé Parmentier, curé du Girmont que Louis va discuter une vingtaine de minutes avant de remonter au front.

Louis demande à sa sœur Angèle des vêtements en laine pour lutter contre le froid, ainsi que blouse en toile cirée pour rester au sec, et sollicitera également ses soeurs pour avoir un chapelet, un scapulaire et un livre de prières.

En février 1915, il connaîtra l'enfer des tranchées ou les obus et la mitraille font de nombreuses victimes. Suite à la chute de 3 obus, il y aura 8 soldats tués, 5 blessés dont mon meilleur ami, écrira t'il, il a été broyé, on n'a pas retrouvé un de ses bras....

Alors qu'il est reçu au concours de sergent, il fait face aux conditions de survie dans les tranchées, qui sont intenables : 6 jours et 6 nuits sans nourriture chaude, une sardine avec un morceau de pain, les pieds gelés, et la diarrhée affaiblissent tous les chasseurs de la compagnie.

Le 28 mai 1915, il évoque un accident d'obus l'engloutissant ainsi que 4 de ses camarades. Blessé à la tête il sera évacué à Moosch puis transféré à Bussang.

Il obtiendra la croix de guerre avec étoile de bronze.

En décembre 1915, il retournera au front. Le 16 octobre, l'ordre arrive de reprendre à tout prix le sommet de l'Hartmann. Louis et sa compagnie y parviendront, mais à quel prix.

A 10 h, Louis est blessé, plaie thoraco-abdominale droite par éclat d'obus avec fracture d'une côte et plaie au foie. Le 15e BCP fait le bilan : 26 tués, 167 blessés et 9 disparus.

Louis recevra alors une autre distiction : la crois de guerre avec palme.

Malgré tous les soins prodigués, Louis décédera le 10 février 1916 à l'Hôpital des Sources de Bussang;

Pierre Vincent, l'auteur de ce récit dira : ces 18 mois de guerre vécus par Louis Jacquot, j'en dois le résumé grâce aux 77 lettres que Louis a envoyé à sa famille et mises à ma disposition par Marie Ange et René, ici présents. Je les en remercie vivement.

Pierre Vincent a terminé cet hommage par une citation d'Henri Barbusse :

"Ce ne sont pas des soldats, ce sont des hommes

Ce ne sont pas des aventuriers, des guerriers, faits pour la boucherie humaine ..., ce sont des laboureurs et des ouvriers qu'on reconnait dans leurs uniformes. Ce sont des civils déracinés."

Extraits des propos relatés par Pierre Vincent, propos écoutés avec beaucoup d'attention et d'émotion par les membres de la famille venus d'horizons divers ainsi que par tous les personnes présentes. Merci Pierre.